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Témoignage de Madame Liliane GESTIN

 

"Nous avions tous deux du goût pour la Bretagne"

Mon mari et moi nous nous sommes rencontrés à Tours en 1978. J’étais ingénieur à l’Institut National de Recherche Agroalimentaire, et c’est notre passion pour les chevaux qui nous a réunis.

L’installation tourangelle de Jean Yves était ce qu'il y avait de plus simple. Mais nous avions tous deux du goût pour la Bretagne, y ayant des attaches familiales. Le déclic est venu en 1981, par l’annonce de FR3 à l'époque, d’un poste pour l’hôpital de Carhaix. De mon côté, je pouvais prendre une disponibilité : nous avons donc franchi le pas.
La présence d’un club de rugby a eu un rôle non négligeable dans l’aventure, et a beaucoup facilité notre intégration sur le territoire.
Créer un cabinet médical a été soupesé : entre deux bourgs, cela faisait 1900 habitants. Une localisation aidée sur Cléden Poher (1100 habitants) y a emporté l’installation, tandis qu’on habiterait une ferme sur Saint Hernin (800 habitants): Après des remplacements, puis la thèse, nous nous sommes installés en 1983.

"Après 25 ans, je ne regrette pas ce choix"

Après 25 ans, je ne regrette pas ce choix. Par souci d’ honnêteté, je commencerai par vous citer les inconvénients à vivre en Centre Bretagne :

  • peu d’études supérieures sur place pour les enfants (Cachan pour notre premier, Laval pour le second)
  • moins de lèche-vitrines à faire qu’à Tours
  • un programme de théâtre ou de concerts classiques moins étoffé

Et … je vais m’arrêter là car les avantages l’emportent sur les inconvénients !

"Les avantages l’emportent sur les inconvénients !"

Une qualité de vie avant tout, en lien avec un environnement préservé, la nature à perte de vue, et aussi tous les sports imaginables. En Touraine, les chemins de randonnées se privatisaient partout. Ici nous avons pu tous les quatre pratiquer l' équitation librement. Il faut ajouter que globalement l’immobilier reste à un coût raisonnable.

Les garçons ont eu une enfance de rêve. Ils le disent avec enthousiasme. Ils continuent de voir leurs nounous, se sentent comme chez eux dans leur bourg où ils sont allés à l’école primaire. Le collège et le lycée de Carhaix les ont menés en toute tranquillité jusqu'au bac. Ils sont bien diplômés et heureux d’être bretons.

Si je dois être franche, je dirais que l’émulation et la compétitivité ont pu être un peu moins fortes que dans une grande ville, mais il y a d’autres évidences qui sautent aux yeux : pas de violence, pas d’insécurité, pas de soucis majeurs. A peine rentrés, ils avaient la pêche à la mouche, et les girolles ou les châtaignes à ramasser : ça fait bucolique, mais c’est pourtant la vérité !

"En étant située au centre Bretagne, j’ai pu continuer mes activités professionnelles."

De mon côté, professionnellement en étant au centre de la Bretagne, j’ai pu continuer mes activités professionnelles. J’ai travaillé dans l’industrie avicole sur Carhaix (recherches en lien avec Rennes et Nantes). J’ai aussi été chargée de cours en microbiologie et qualité (GRETA de Morlaix et Lannion, chambres de commerce de Quimper et Brest, UCO de Guingamp). Bien sûr, cela me faisait de la route, mais pour moi c’était impensable de rester à la maison. En plus, les axes routiers se sont améliorés au fil des années. Ici il faut parler en temps de trajet et non en kilomètres.
Une autre chose importante : j’ai aussi apprécié d’avoir un mari en libéral, qui était en mesure de choisir ses jours de congés et organiser son emploi du temps.

"Je ne comprends pas qu’on puisse voir ce territoire comme un désert"

Je ne comprends pas qu’on puisse voir ce territoire comme un désert ! Quand on est à 5 minutes d’une ville de 8000 habitants, qui s’est très bien développée, il faudrait être difficile et injuste pour se plaindre de notre vie. Passionnée d’histoire et de culture, je ne peux pas me sentir frustrée, dans une région si riche (et l'ADSL vient jusqu'ici !). Au début, ce fut une aventure, mais l’expérience prouve qu’on peut aussi bien s’épanouir sereinement ici que dans des grandes villes, les réseaux amicaux sont nombreux.
Pour finir, en collaborant au cabinet médical avec mon mari, je suis très heureuse d’avoir participé au maintien d’un médecin dans un bourg de campagne.